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Congo: annonce d’une plainte pour «trahison et déloyauté» contre Sassou N’Guesso

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La mobilisation des Congolais contre le référendum de Denis Sassou N’Guesso ne faiblit pas. Après les dénonciations de plusieurs leaders du camp présidentiel, des partis politiques de l’opposition et de la société civile, un groupe de juristes avec à sa tête l’avocat  Philipe Missamou compte  le traduire devant la Haute cour de justice  pour «trahison et déloyauté».

Dans un entretien avec Mondafrique, Me Philippe Missamou explique que l’opposition de son groupe de juristes à l’organisation du référendum constitutionnel du 25 octobre par le fait qu’il s’agit une violation caractérisée de la Constitution.

«Lorsque le président de la République, qui en est le garant, viole la Constitution, il commet un crime de haute trahison. Il doit donc en répondre devant la Haute cour de justice. En l’occurrence, nous allons traduire Denis Sassou N’Guesso devant cette juridiction pour avoir commis un acte de déloyauté extrême à l’égard de la Nation, des institutions publiques et de son peuple», indique Me Missamou.

Le juriste annonce qu’ils vont tirer les conséquences en saisissant d’abord la Haute cour de justice pour haute trahison, manquements au devoir et aux attributions de président de la République.

«Nous allons ensuite travailler pour qu’une insurrection populaire balaye ce régime. Il s’agit de faire en sorte que le peuple désobéisse à Sassou. Que toutes les catégories socioprofessionnelles se mettent en grève générale. Nous allons organiser des manifestations, des rassemblements pour faire obstacle à cette révision constitutionnelle», a-t-il dit.

Me Philippe Missamou explique qu’il appartient au peuple congolais de se mobiliser spontanément pour refuser la forfaiture de Denis Sassou Nguesso.

«Nous devons, nous intellectuels congolais, prendre toute notre part dans ce combat-là. Pour moi, qui suis secrétaire général du Collectif des avocats d’origine congolaise en France, ma position est claire : il y a une violation de la Constitution, nous ne pouvons pas laisser cet acte impuni. Il me semble important, au demeurant, de rappeler que cette Constitution a été confectionnée par le président Sassou en 2002 pour satisfaire ses ambitions du moment. C’est lui qui a inscrit la limitation de l’âge des candidats à la présidentielle à 70 ans ; c’est également lui qui a inscrit le verrou de la limitation du nombre de mandat à deux après l’avoir fait  passer de 5 à 7 ans»,a-t-il dit avant de souligner que les deux dispositions sont non révisables autant par voie référendaire que par voie parlementaire.

L’avocat rejette l’explication de Sassou selon laquelle il a saisi la Cour suprême et la Cour constitutionnelle au sujet du référendum.  «Derrière l’argument de la modernisation de la vie politique, Sassou ne cherche qu’à se maintenir au pouvoir. Honnêtement, en quoi abroger la limitation du nombre de mandat ou sauter le verrou de l’âge limite pour se porter candidat sont des progrès ?», s’interroge Me Philippe Missamou qui précise que les modifications envisagées sont d’énormes régressions pour la démocratie au Congo. «Elles relèvent du stratagème d’un vieux président qui cherche à se cramponner à son fauteuil»,ajoute-t-il.

Pour empêcher le référendum, le Collectif de juriste amené par Me Philippe Missamou annonce avoir saisi la Haute cour de justice. Pour lui, même si la plainte n’aboutissait pas, la démarche aura servi de signal d’alarme.

La démarche visant à traduire Sassou Nguesso devant la Haute cour bénéficie du soutien de la plupart des opposants congolais. La plainte pourra être déposée d’ici la semaine prochaine.

«Pour nous, le principal enjeu n’est pas que notre plainte soit déclarée recevable. Il s’agit de montrer à la face du monde que le seul dessein du président Sassou est de demeurer éternellement à la tête du Congo. Lorsqu’il avait été question pour lui d’écarter l’ex-président  Pascal Lissouba et l’ancien Premier ministre Bernard Kolelas, le président Sassou a taillé à sa  mesure une Constitution en 2002. La disposition qui limite l’âge des candidats à 70 ans n’avait pour seul objectif que d’écarter ces deux personnalités du pouvoir.  Quinze ans plus tard, il prétend que sa Constitution  n’est pas adaptée  aux réalités congolaises», dénonce l’avocat qui bat en brèche tous les arguments que Sassou et son camp avancent.

Le Collectif estime que le président congolais est comptable de la prédation des ressources du Congo et est responsable de monstrueux crimes économiques et de sang dont l’affaire des disparus du Beach où près 353 Congolais ont disparu en mai 1999  dans la zone fluviale de Brazzaville.

 

oeildafrique

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