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Des dizaines de langues locales sont en voie de disparition en Afrique

Les pays les plus touchés: le Soudan, le Tchad ou le Cameroun. On découpe souvent l’Afrique en deux grands blocs: les régions francophones et celles anglophones. Mais, derrière les langues véhiculaires issues de l’époque coloniale, se cachent des centaines d’idiomes locaux. Une mosaïque aujourd’hui menacée par la mondialisation et la diffusion de langues transnationales comme le swahili, en plus du boom de l’enseignement en anglais. 

Selon le site d’information Quartz, de nombreuses langues locales sont ainsi en voie d’extinction. Le Soudan, pays immense et peuplée de très nombreuses ethnies, remporte la triste palme du classement du genre avec pas moins de 65 idiomes menacés. Dans le haut du tableau, on retrouve le Cameroun (36 langues menacées), le Nigeria (29), le Tchad (29) ou encore l’Ethiopie (28). Les données viennent de l’Unesco. L’agence des Nations unies recense en effet les langues en danger dans le monde.

Le Yaaku et ses 10 locuteurs

Sur Slate Afrique, nous racontions récemment comment l’ethnie Yaaku, qui peuple les hauts plateaux de la vallée du Rift au Kenya, assiste en direct à la disparition de sa langue. Sur 4.000 personnes, moins d’une dizaine parlerait encore ce dialecte. Selon le journal kényan Daily Nation, seules sept personnes qui parlaient encore le Yakunte étaient en vie en 2010. Cette année-là, le décès de la doyenne de la communauté, âgée de 105 ans, avait porté un rude coup au combat que mènent les derniers Yaaku pour sauver leur langue.

Dans son Atlas des langues en danger, l’Unesco explique que l’assimilation de cette communauté de chasseurs-cueilleurs par les Maasai, des éleveurs de bétails a contribué à détourner ce peuple de son mode de vie ancestral. «Les Yaaku ont d’abord changé leur mode de vie et finalement leur identité ethnique et linguistique», analyse l’Unesco. Une histoire similaire à de nombreuses autres ethnies sur le continent.

«C’est une question d’intimité avec la langue»

Mais la mondialisation peut aussi avoir du bon pour les dialectes locaux, le réseau social Facebook lançait il y a quelques mois une version en peul: langage parlé dans plusieurs pays de la région du Sahel. En perte de vitesse dans le monde scolaire, le peul séduit de nouveau les jeunes générations grâce à son usage désormais facilité sur Facebook.

«Il y a une compréhension parfois délicate du peul entre locuteurs de différentes régions, alors que l’écrit est plus facile à comprendre pour tous. Avec internet où les SMS, on observe déjà depuis dix-quinze ans que de plus en plus de jeunes écrivent en peul. Il y a une réappropriation de la langue. C’est une question d’intimité avec la langue, alors que communiquer par écrit, par lettres par exemple, ne correspondait pas auparavant à une zone d’intimité où les jeunes se sentaient à l’aise», nous confiait la chercheuse Marie Lorin, spécialiste du peul à l’Institut national des langues et civilisations orientales.

africa24monde

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