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Mali: les jus de fruits de Zabbaan décollent et s’exportent

Après plusieurs mois de difficultés à produire directement à un niveau industriel, Zabbaan Holding, qui commercialise des jus de fruits locaux, compte décoller pour de bon cette fois-ci avec une reprise de son activité en juillet 2017. Sa promotrice, 28 ans, vient de conclure un partenariat avec le groupe hôtelier Azalaï et prépare l’ouverture d’une filiale en France.

Au mois d’octobre 2016, Aïssata Diakité installe une petite usine dans le quartier populaire de Sébénikoro, connu pour abriter le palais présidentiel, à l’ouest de Bamako. Avec trois salariés, elle y lance une activité de production de jus d’hibiscus, de gingembre et de mangue. « Zabbaan, c’est le jus d’une quarantaine de fruits, de feuilles et de tiges d’arbres », explique la promotrice.

Ses bouteilles vendues à 1 000 francs CFA (1,50 euro) sont initialement destinées à la classe moyenne malienne, mais trouvent d’abord preneurs dans la restauration et l’hôtellerie. Pendant quatre mois, Aïssata et ses collègues approvisionnent les restaurants et hôtels de la capitale malienne.

Reprise de la production en mai

Mais au bout de quatre mois de production, Zabbaan arrête ses activités du fait de difficultés pour l’obtention de l’agrément de production. Des essais sont alors délégués à l’Institut d’économie rurale de recherche, en partenariat avec l’incubateur Teteliso spécialisé dans l’agrobusiness.

« Disons que 2016 était une année test pour nous », relativise Aïssata Diakité, ingénieure formée dans une école d’agro-alimentaire en Picardie (dans le nord de la France). En décembre 2016, Aïssata repart en Europe pour mieux organiser la production de sa start-up, avant de revenir début avril à Bamako où elle entend relancer sa production au mois de mai prochain.

« Il fallait repenser certains détails, comme l’impression des nouvelles étiquettes imprimées en Allemagne et une nouvelle forme de bouteille, puis un nouveau embouteillage », explique Aïssata Diakité.

Ma priorité était de démarrer à Bamako.

À la fin de ses études en France, Aïssata Diakité bénéficie d’un projet du ministère français des Affaires étrangères pour étudier la faisabilités de son projet, puis décroche la garantie d’une banque malienne. En juillet 2016, Zabbaan est retenu parmi les 10 meilleures start-up de l’espace francophone par l’Organisation internationale de la Francophonie. La société s’installe à Bamako au mois d’août de la même année.

« J’ai commencé avec un investissement de 200 000 euros. Ma priorité était de démarrer à Bamako à tout prix malgré les opportunités qu’on me proposait en France ou en Côte d’Ivoire car c’est une start-up malienne », explique-t-elle fièrement. D’ailleurs le nom Zabbaan a été donné à l’entreprise en souvenir de ses années d’enfance dans la région centrale de Mopti, où elle partait dans la brousse pour cueillir le zaban (fruit à grains).

Et alors que la société s’apprête à reprendre sa production au Mali, elle a recruté cinq nouveaux employés et huit autres en contrat d’alternance. Les salaires de trois d’entre eux seront pris en charge par l’Agence pour la promotion de l’emploi de jeune. Zabbaan disposera bientôt d’une ligne d’embouteillage d’une capacité de 1 000 litres par heure, en cours d’acheminement depuis l’Europe.

Une société très courtisée

« Nous allons lancer pour de bon notre production au mois de mai prochain en partenariat avec le groupe hôtelier Azalaï et nous allons commencer avec la production de 625 litres, soit 2 500 bouteilles de jus de fruit par jour », explique Aïssata Diakité.

Son téléphone n’arrête pas de sonner, et les nouvelles sont plutôt bonnes. Au bout du fil, des distributeurs maliens mais aussi des responsables d’achat de restaurants en France.

« Je vais y ouvrir une filiale en collaboration avec Bond’Innov [incubateur basé à Bondy en banlieue de Paris] pour à la fois approvisionner le marché français, mais aussi continuer les recherches pour améliorer la qualité de nos produits et aussi travailler sur le projet d’une nouvelle gamme de jus Zabbaan, sans sucre ». Le chiffre d’affaires de la société pourrait atteindre 250 000 euros en 2017.

 Jeune Afrique

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